Les Meikôs
Peuple de Grue

On retrouve peinte sur d’antiques pièces de céramique l’histoire des Meikôs, le peuple de la Grue.
Les dessins abîmés et friables laissent entrevoir des constructions de bois et d’ardoises au pied de hautes montagnes, de vastes étendues d’arbres aux fleurs colorées, la difficulté de l’apprentissage des arts et de la religion pour les jeunes enfants.
De leur vie d’avant l’Enclave, les Meikôs n’ont retenu que les légendes et les histoires des Kamis, qu’ils continuent de représenter sur tous les objets qu’ils fabriquent.
Céramique, forge, sculpture, peinture, calligraphie, cérémonie du thé, méditation… Les Meikôs font de chaque chose un art où leur sens de l’esthétisme, du minimalisme et du respect des divinités s’exprime dans chaque geste, chaque souffle et chaque parole.
S’ils furent guerriers autrefois, leurs arts militaires connurent le même cheminement et les codifications les transformèrent peu à peu en Dô, des voies menant à l’élévation spirituelle. Leurs enseignements sont malgré tout très prisés chez les autres peuples guerriers de l’Enclave, qui essaient souvent d’envoyer leurs jeunes apprendre la patience et le calme auprès des grands maîtres meikôs.
Le peuple de la Grue pratiquant l’art pour l’esthétisme et l’élévation spirituelle, il n’est que peu versé dans les compétences de vente et de commerce. Pourtant, ses œuvres s’exportent dans toute l’Enclave à des prix très élevés et quelques maîtres n’ont besoin de vendre qu’une seule pièce par an pour se fournir assez de nourriture.
Les relations avec les autres peuples sont pacifiques et les Meikôs prennent plaisir à aller écouter les contes et légendes étrangers pour les représenter en peintures, estampes ou pour écrire de courts poèmes.
Les cérémonies et rituels sont intégrés aux gestes quotidiens. Un bol de riz est déposé sur l’autel des anciens, de l’eau pure est versée sur la tête du renard de pierre qui garde l’entrée d’un temple, une pièce est jetée en offrande pour pouvoir secouer les cloches et attirer l’attention des divinités sur soi, les mains se joignent dès que le nom d’un Kami est évoqué…
Pour le peuple de la Grue, il existe mille myriades de Kamis, qui sont tous respectés et honorés. Un objet peut acquérir un esprit après plusieurs années, tout comme un animal d’une durée de vie extraordinairement longue.
Malgré cela, un fin observateur remarquera que Ô-Hisama, le Kami du soleil, est majoritairement représenté aux côtés de sa sœur, Makaze, qui ordonne aux démons et aux tempêtes, et de ses deux frères Inki et Yôki, qui équilibrent le monde.
Très avares de leurs connaissances, il n’est pas rare que les grands maîtres meikôs exigent d’abord de leurs élèves potentiels qu’ils apprennent à respecter les divinités et qu’ils méditent pendant plusieurs années avant d’accéder à l’apprentissage en tant que tel.
